Les multiples facettes de la beauté des plantes

Le sentiment de satisfaction que procure la contemplation d’un jardin figure parmi les principales motivations à créer un jardin et à l’entretenir. Le simple fait de regarder des plantes rend plus heureux et les végétaux sont reconnus pour apaiser les tensions et détendre l’esprit. Tous s’accordent sur le fait que la beauté d’un jardin et des plantes qui le composent ont un impact évident sur le moral. Or, quand on demande de définir la beauté d’un jardin ou d’une fleur avec plus de précisions, les définitions sont aussi nombreuses que le nombre d’individus qui se prêtent au jeu.

L’expérience sensorielle

Bien sûr, la vue est le premier sens invoqué lorsqu’on tente de définir un beau jardin. Par un simple regard, on marque une appréciation globale de ce que l’on voit. Puis on entre dans le détail, en scrutant chaque plante, en notant ses couleurs, ses formes et ses textures. Le regard se porte ensuite aux subtilités des effets d’ombre et de lumière ou du mouvement produit par le vent. On y perçoit ensuite les sons : le chant des oiseaux, le bourdonnement des insectes, le bruissement du feuillage.

À un autre degré, on perçoit le parfum des fleurs et l’odeur des feuillages aromatiques que l’on froisse des doigts. Du bout des doigts, les feuillages et les écorces sont touchés, caressés. Personne ne demeure indifférent devant le duveteux feuillage des épiaires (Stachys sp.), le toucher rugueux de certaines graminées. Enfin, le goût est interpellé et son ambassadeur est sans doute la tomate fraîchement cueillie au potager et croquée sur le vif.

La beauté d’un jardin se complexifie à nouveau face aux changements apportés par les saisons. 365 jours par année, le jardin est en mouvement et il change constamment, ce qui implique qu’un même jardin peut atteindre différents degrés de beauté en fonction des semaines qui passent.

L’expérience personnelle

L’esthétisme d’un jardin ne se limite pas à ce que l’on voit, à ce que l’on touche ou à ce qu’on entend. Même si l’on peut objectivement définir ce qui fait un aménagement paysager réussi, l’appréciation finale dépend de la personne qui regarde de jardin. Si les goûts sont dans la nature, l’homme décide des goûts qu’il entend bien inclure dans sa définition personnelle d’un beau jardin.

Doublé par la créativité et la touche personnelle de l’aménagiste, l’amalgame de formes, de textures et de couleurs d’un jardin peut se prêter à différentes interprétations de styles et emprunter de nombreux courants. Un jardin moderne et minimaliste revêt autant d’attrait que le jardin de cottage plus sauvage et libre. Le jardin symétrique et exubérant d’inspiration française peut avoir autant de valeur que le jardin sobre et naturaliste d’inspiration asiatique.

L’expérience émotionnelle

Au-delà des préférences personnelles, il y a les émotions. On n’a qu’à imaginer un arbre majestueux, un arbuste couvert de fleurs ou à une fleur liée à un souvenir familial pour constater que les arbres et les plantes du jardin laissent une empreinte émotive dans notre esprit. Tout le monde a une image en tête lorsqu’on leur demande de s’imaginer un lilas en fleurs. Cette mémoire édénique agit de manière subtile sur la construction de cette image personnalisée du jardin parfait. Ainsi, les souvenirs d’enfance, les beaux moments de la vie adulte ou des événements particuliers remontent à la surface chaque fois que l’on vient à croiser les végétaux qui ont habité ces moments.

Il en est de même pour les voyages. Une plante que l’on a contemplée lors d’un voyage à l’extérieur du pays laisse sa marque et influence notre définition de la beauté. Les bougainvillées, les poinsettias, les jasmins ou les pieds-d’alouette évoquent pour chaque voyageur des destinations mémorables et des ambiances qui nous font sourire de l’intérieur.

 

La conclusion de cette histoire, c’est que le jardin doit être beau aux yeux de celui qui le crée et qu’il est impossible de créer le jardin parfait, celui qui sera aimé unanimement pour sa beauté.


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Sources :

Clayton, Susan. 2007. Domesticated nature: Motivations for gardening and perceptions of environmental impact. Journal of Environmental Psychology. Volume 27, No 3, September 2007, Pages 215–224

Moir Messervy, Julie. 2007. The Inward Garden: Creating a Place of Beauty and Meaning. Bunker Hill Publishing Inc.; 2e édition. 256 pages.

Schupp, Justin L. et Sharp, Jeff S. 2012. Exploring the social bases of home gardening. Agriculture and Human Values. Mars 2012, Volume 29, No 1, pp 93-105

 

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